Route du Rhum : Kito de Pavant finit « sur une bonne note »

Il a décroché la 5e place de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe en Class40 en 17j 04h 49’ 47’’
Kito de Pavant : « Je finis sur une bonne note »
Dans cette régate transatlantique en solitaire, une des plus éprouvantes qu’il ait connues, le skipper de « Made in Midi » a prouvé qu’il fallait encore compter sur lui. Si le classement n’est pas à la hauteur de ses espérances, Kito de Pavant a eu le mérite de passer outre quelques mauvais coups de tabac… et du sort. Comme la perte de deux voiles essentielles qui a handicapé le rendement de son bateau « rouge et jaune ». Et s’il n’a pas pu s’exprimer pleinement dans la bagarre aux avant-postes de la flotte des Class40, Kito soulignera qu’il « ne faut pas oublier qu’on a débuté à 53 ». Tant il est vrai qu’arriver au bout de ce Rhum-ci tenait déjà de l’exploit pour certains. Et de l’échec pour beaucoup d’autres. Le « ti’punch » avalé sur le ponton de la marina de Pointe-à-Pitre n’en était que meilleur !
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Il était dit qu’il se battrait jusqu’au bout. Jusqu’au dernier souffle… de vent. Ce mercredi 21 novembre, au terme d’une transat de folie, après s’être fait tabasser par les dépressions, bastonner par les grains, bloquer par les nuages, éreinter par les alizés, rétamer par le manque de sommeil, et consumer par les empannages, le tout handicapé par la perte de voiles, Kito de Pavant a trouvé encore la force de se lancer dans un haletant match-racing dans les petits airs guadeloupéens ! Tout ça pour une médaille en chocolat. Que lui ravira, dans un dernier bord entre le canal des Saintes et la ligne d’arrivée de Pointe-à-Pitre, Arthur Le Vaillant le bien nommé, 30 ans, dans un ultime duel, loin toutefois du tiercé gagnant en Class40 Richomme-Chappellier-Sharp. Et c’est donc à la 5e place que le skipper de « Made in Midi » terminera une Route du Rhum-Destination Guadeloupe qu’il aura courue en totalité aux avant-postes. En 17j 4h 49’ 47’’, battant ainsi d’un souffle le temps de son podium de 2014 (17j 5h 07’ 03’’») (*).
« J’étais venu chercher la gagne. Là, c’était perdu très tôt. J’étais venu chercher la bagarre. Là, j’ai été servi », répétait-il, après avoir enfin touché terre (enfin quai) dans la marina de Pointe-à-Pitre, un « ti-punch » bien mérité à la main. « Mais bon, 17 rounds de bagarre, ç’est beaucoup, c’est même trop ». Car de la bagarre, il l’a en eue, Kito de Pavant. Contre les éléments, souvent déchaînés, contre ses adversaires, toujours enragés, contre le sort, un peu trop du mauvais côté. « Je perds deux voiles sur huit, grince-t-il. La perte du J2 m’empêche de prendre les devants, alors qu’on se rend compte que, depuis le début, c’est par devant que ça partait. Et quand j’ai déchiré le spi, j’ai pris un coup au moral. Et ça m’a empêché de rester dans le coup. Même si je trouve que j’ai bien navigué. Mais ça n’a pas suffi ». De la frustration, logique, de ne pas avoir pu se battre à armes égales. « Quand tu régates, cette frustration, c’est difficile à vivre, ça a pesé sur le plaisir de faire cette transat ».
Mais aussi des satisfactions. « Sur cette dernière journée, je me suis régalé. Je me suis détendu, j’ai pris du plaisir, je finis sur une bonne note. Le niveau a vraiment progressé en Class40, je m’en sors bien, je suis content. Et surtout, je dois remercier toute mon équipe, qui a fait un super travail sur le bateau. C’est vraiment un bon bateau, solide, rapide, qui m’a permis de rester dans le match. Et d’éviter le pire ». Le pire aurait été de ne pas terminer cette édition 2018, comme les 36 skippers (dont 16 en Class40) qui ne connaîtront pas la saveur du rhum. « Il ne faut pas oublier qu’on est parti à 53 », insiste Kito. « Et on ne se retrouve qu’à sept à se bagarrer pour la victoire ». Alors, au final, malgré la déception, qui passera, c’est heureux et soulagé, même sans trop faire le fier-à-bras, qu’en termine Kito de cette Route si mal pavée. Et si longue. Car, comme disait Kafka : « L’éternité, c’est long, surtout vers la fin ».
(*) Kito de Pavant a coupé la ligne d’arrivée de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe à la cinquième place ce mercredi à 13h49’47 à Pointe-à-Pitre (18h49’47 en métropole), 54 minutes et 40 secondes après Arthur Le Vaillant et 1 jour 1 heure 27 minutes et 3 secondes après Yoann Richomme, Le skipper de Made in Midi a mis 17 jours 4 heures 49 minutes et 47 secondes pour couvrir les 3542 milles du parcours, il a réellement parcouru 4506 milles à la vitesse moyenne de 10,92 nœuds.





« Quand on passe de l’IMOCA au Class40, c’est plus simple que l’inverse. Pour moi, le maître-mot lors de cette Route du Rhum se sera « régater ». Mon objectif est donc de me mettre au niveau des meilleurs et de me confronter à eux sur un parcours à la fois formidable et très ouvert », commente le skipper de Made in Midi qui a fait l’acquisition du plan Verdier avec lequel Yannick Bestaven a terminé 7 e de la dernière édition du Rhum et premier de la Route du Café en 2015, en double avec Pierre Brasseur. « C’est un joli bateau mais il a fallu beaucoup travailler pour le remettre à niveau », précise le marin qui a tout passé en revue, du bulbe jusqu’à la tête de mât pour fiabiliser et améliorer le rendement de sa machine. « Structure, câblage électrique, électronique, plan de pont, gréement… nous avons tout repris pour faire en sorte de régater comme on le souhaite », termine Kito qui espère que son expérience compensera son manque de confrontation sur le support.







«Il fallait absolument sauver le bateau de mon mari et je n’ai pas honte de faire la manche pour cela, explique Jacqueline Tabarly. Je sais que Pen Duick est le voilier mythique de ceux qui aiment la voile, et même de beaucoup d’autres français. C’est leur patrimoine, donc je me sentais autorisé pour faire appel à eux».
«Comme l’avait déjà fait Eric, nous allons donc conserver l’âme de ce bateau mais il sera plus raide, à l’avenir. Donc il naviguera mieux» ajoute ce charpentier de marine. «Pen Duick était classé monument historique depuis 2016 mais cette restauration, bien que profonde, ne changera absolument pas l’esprit du voilier».